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Chavouot

La Révélation, un défi à relever

Par le rabbin François Garaï

Le judaïsme traditionaliste affirme que Dieu dicta toute la Torah à Moïse qui la retranscrivit fidèlement. Son texte est celui que nous possèderions aujourd’hui. Pendant son séjour de 40 jours et de 40 nuits, sur le Mont Sinaï, Dieu énonça également à Moïse tous les commentaires considérés comme normatifs par les communautés qualifiées aujourd’hui “d’orthodoxes”.
Mais lorsque la Torah est montrée à l’assemblée, les fidèles chantent : De la bouche de Dieu à la main de Moïse comme pour indiquer la différence qui existe entre l’oral à l’écrit. Un texte parlé perd de son sens et de sa substance en étant écrit et il est impossible de retrouver les intonations exactes de l’auteur. Le judaïsme traditionaliste qui considère la Révélation comme globale ne peut donc qu’approcher la vérité de la Parole divine. Nous, Juifs libéraux, affirmons que Dieu a transmis Sa Parole. A partir de Moïse, une tradition s’est formée qui, de nombreux siècles plus tard, a été consignée dans la Torah et dans les autres livres bibliques. Ces textes sont donc un reflet de la Parole divine et comme tout reflet, ils comportent des zones d’ombre et des zones de lumière. La tradition rabbinique inspire notre approche. Elle est une référence incontournable mais non impérative. Elle aussi a été élaborée au cours des siècles. Elle a donc subi de multiples influences. De même qu’elle a évolué par le passé, elle peut aujourd’hui encore évoluer, non dans son contenu fondamental, mais dans ses modalités d’applications. C’est pourquoi notre approche est évolutive. Si aujourd’hui nous affirmons notre adhésion à une approche non normative, c’est parce qu’elle se fonde sur une vision réaliste de notre histoire et parce que nous pensons que le judaïsme recèle des trésors qu’il faut à nouveau dévoiler pour aujourd’hui. C’est pourquoi nous affirmons l’existence d’une Révélation faite au peuple d’Israël au cours des siècles anciens, à travers les prophètes dont le plus important fut Moïse. Cette Révélation fut affinée au cours des siècles. Nous la reprenons à notre compte en désirant la confronter au monde actuel et énoncer en quoi, aujourd’hui, elle reste vivante et d’actualité.
Humblement, nous essayons de redécouvrir aujourd’hui le sens des Paroles de Dieu. Nous sommes ainsi fidèles à notre histoire et, inspirés par les paroles des maîtres du Talmud, de la littérature des Responsa, de la théologie médiévale et moderne, nous abordons le monde d’aujourd’hui et de demain avec la plus grande confiance, avec la plus grande émounah.
François Garaï

Chavouot est célébré le sixième jour du mois de Sivan. Le nom de Chavouot est dérivé du mot chavouah/semaine puisque cette fête se déroule une “semaine de semaines” (sept) après Pessah. A Chavouot, le peuple juif célèbre l’alliance avec Dieu et réaffi rme son engagement à l’étude (Talmud Torah) et à la pratique (Mitsvah) et à la pratique () et à la pratique (). La tradition pour Chavouot est de décorer la synagogue de feuillages et de fl eurs. Cette coutume est liée à la relation entre Chavouot et la moisson (Exode 23 :16) qui se déroulait à cette époque. Une des pratiques de Chavouot est d’étudier la Torah jusqu’à une heure avancée de la nuit ; cette étude se nomme Tikkoun leil Chavouot / Institution de la nuit de Chavouot. Cette coutume fut établie et développée par Salomon Alkabetz et son cercle de kabbalistes au 16ème siècle à Salonique. La Tradition accorde à l’étude de la Torah une valeur capitale, à tel point que “grâce à l’étude de la Torah… chacun acquiert des mérites pour le monde à venir” (Chabbat 127a). C’est pourquoi le mardi 25 mai à 19h15 nous vous convions à venir décorer notre synagogue pour célébrer un office qui sera suivi d’un repas communautaire. Après avoir dégusté des plats lactés et sucrés (l’étude de la Torah est douce comme le lait et le miel), nous étudierons le Livre de Ruth selon divers commentaires. Venez nombreux !