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Hanouka

Hanouka en photos !

Hanouka, mode d’emploi

Par Catherine Déchelette Elmalek

Hanouka c’est quoi ?

Hanouka c’est le 25 Kislev (cette année, pur hasard, ça tombe le 25 décembre !) et la fête dure 8 jours : elle commémore l’inauguration du Temple de Jérusalem restauré par les Hasmonéens qui l’avaient reconquis après sa profanation par les Grecs en 165 environ avant notre ère. Chants, danses se succédèrent durant les 8 jours de fête. Plus tard, à la “lecture” de la légende talmudique (B.Chabbat 21b) relatant le miracle de la fiole d’huile consacrée qui brûla durant 8 jours et non un seul jour, les rabbins instituèrent le rite de Hanouka avec des chants spécifiques et des prières.

Hanouka pourquoi ?

Le sens de Hanouka est la lutte contre la culture grecque, et plus largement contre l’assimilation à la culture dominante, qui faisait fureur à l’époque. La célébration de Hanouka est bien représentative “… du combat du peuple juif à travers les siècles pour rester fidèle à ses valeurs et à sa culture dans un environnement non juif”. (le Monde des Mitsvot. Rabbin François Garaï. Genève 1998.) L’allumage de la hanoukiah est devenu le symbole de la résistance des Maccabées qui ainsi sauvegardèrent le judaïsme.

Hanouka comment ?

C’est une mitvah d’allumer les bougies de Hanouka et de prononcer les bénédictions d’usage : “Béni sois-tu Eternel notre Dieu Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as enjoint d’allumer les lumières de Hanouka. Béni sois-tu Eternel notre Dieu Roi du monde, qui as accompli des actes prodigieux en faveur de nos ancêtres à pareille époque, en cette même journée.” Hanouka n’est pas une fête biblique mais les rabbins ont institué le même type de bénédictions que si s’en était une. On utilise pour la fête un chandelier particulier; la hanoukiah comportant 8 branches plus une. On allume une bougie nouvelle chaque soir ; la 1ère se place à droite du chandelier et on se sert pour l’allumer de la bougie de la branche supplémentaire ; le Shamash (le “gardien”). Chaque soir on ajoute une bougie (de droite à gauche) mais on procède à l’allumage en donnant la primeur à la dernière bougie installée (donc allumage de gauche à droite). La tradition demande que la hanoukiah soit placée dans un endroit visible de l’extérieur afin d’attester aux yeux de tous de la joie de Hanouka.

Hanouka encore …

  • Miracle de l’huile oblige, après avoir allumé les bougies, récité les bénédictions, chanté le Maoz tsour ; il est bon de se retrouver avec la familles et les amis autour d’un grand plat de beignets (soufganiot) ou de galettes de pommes de terre (latkes) ! Car il est effectivement traditionnel de consommer à cette occasion des plats frits (le régime sera pour… plus tard).
  • Jouer à la toupie (sevivon) viendrait d’une légende qui nous indique que lors de la domination grecque, puis romaine, interdisant l’étude de la Torah, les étudiants faisaient semblant de jouer à la toupie pour dissimuler leurs réelles activités studieuse. Les lettres hébraïques qui sont indiquées sur chacune des 4 faces reprennent la célèbre phrase : Nes Gadol Haya Cham, un grand miracle eut lieu là-bas. Les toupies israéliennes ont remplacé “là-bas” par “po” (ici) !
  • Peut-être en raison de sa proximité calendaire avec la fête de Noël, les enfants sont mis à l’honneur durant Hanoukah où les cadeaux offerts aujourd’hui ont remplacé les piécettes d’autrefois.

 

Hanouka, un sens à la fête

Par Catherine Déchelette Elmalek

Comme de nombreuses fêtes juives, Hanouka est une célébration “historique” et la marque d’un miracle divin. Au-delà du souvenir de Judas Maccabée et de sa lutte contre les grecs, au-delà de la mémoire d’un temps où le Temple de Jérusalem profané fut reconquis, que célè-bre-t-on ? Derrière chacune des petites lumières allumées tour à tour sur la hanoukia, que peut-on voir ?

Surnommée la Fête des Lumières ; nous connaissons, nous autres juifs lyonnais, la confusion pour nos amis non-juifs créée avec la Fête des Lumières instaurée à Lyon en 1852 pour honorer la Vierge Marie. Et ce d’autant plus que le hasard les fait se côtoyer dans le calendrier !

Mais Hanouka est bien une fête dont le sens réside dans la symbolique liée à ces lueurs vacillantes. Durant les 8 jours de célébration de Hanouka, on raconte aux enfants l’histoire qui est l’origine de la fête, on se fait des cadeaux selon des traditions différentes d’une famille à l’autre, on utilise des hanoukiot en argent, en cuivre, en céramique, sur pied tel un chandelier ou triangulaire comme une lampe à huile, on mange les spécialités de Hanouka, soufganiot ou latkes, selon que nos grands-mères viennent d’un bord de la Méditerranée ou des rives de la Baltique ! Mais le sens de Hanouka réside dans ces lumières accrochées à nos mémoires et nimbées du Maoz Tsour que l’on entonne à la fi n de chaque allumage. La perpétuation de l’épisode historique de Hanouka évoque toutes les oppressions qui n’ont pas toujours connu de dénouements aussi favorables. Pourtant siècle après siècle, le peuple juif témoigne de sa capacité à résister. Les lumières de Hanouka marquent cette victoire sur les ténèbres, quelles qu’elles soient et d’où qu’elles viennent. L’identité juive, à l’époque de Judas Maccabée, était malmenée et tiraillée entre les valeurs défendues par les Hassidim, défenseurs des principes de la loi juive, et les juifs hellénisés plus enclins à intégrer des aspects de la culture grecque. La prise du Temple et sa profanation les réunirent autour de la défense des valeurs essentielles du judaïsme, prenant ainsi conscience de l’importance de la centralité du Temple dans la vie religieuse comme dans l’identité même du peuple juif. Ainsi, dans la détresse et l’oppression, le peuple juif a toujours trouvé des ressources pour s’unir et préserver ce qu’il est. Sans tomber dans l’orgueil déplacé ou l’élection mal comprise, nous souhaitons rester juifs simplement dans le respect et l’harmonie de nos valeurs et de celles des autres. Souhaitons donc que les lumières de Hanouka nous per-mettent d’éprouver notre conscience d’être bien quelques uns de ces maillons, qui malgré les drames et les épreuves, ont forgé la chaîne nous menant d’Abraham à nos parents, des rives du Jourdain aux berges du Rhône et de la Saône.

 

Sapin, pas sapin !

Par Frédéric Zeitoun

Chaque année, à pareille époque, l’incontournable question taraude le juif, écrasé entre un arbre et une toupie : sapin ou pas sapin ?

  1. Je suis juif et j’assume : vive les Maccabées, à bas Antiochus IV Epiphane : PAS SAPIN !
  2. Je suis juif mais… c’est beau les boules, ça scintille, ça attire, et puis les enfants adorent : SAPIN !
  3. La hanoukia aussi ça scintille, non mais ! et puis les enfants adorent aussi se retrouver chaque soir en famille pour allumer une nouvelle bougie, PAS SAPIN !
  4. La pression du milieu, se fondre et se confondre, rester soi mais avec les autres, juif aujourd’hui en France, être comme eux, SAPIN !
  5. Mon histoire, ma culture, mes traditions, proximité de dates peut-être mais pas d’influence, Hanouka is not Noël, PAS SAPIN !
  6. A l’école, que diront mes enfants quand on leur demandera ce qu’ils ont reçu comme cadeau pour Noël, ils répondront quoi ? j’ai rien reçu ?
    (bonjour le regard des autres parents le lendemain, ça frise la maltraitance !) mon père m’a offert une orange ? ma mère m’a donné un beignet ? SAPIN !
  7. Hanouka, je te célèbre et j’évoque une reconstruction nationale en Terre Sainte et une renaissance spirituelle, je construis un dôme de connaissances pour mes enfants qui les abritera et les protégera ici et là-bas, aujourd’hui et demain, PAS SAPIN !
  8. Marre de tout ça, quand je vais leur parler du 25 Kislev à mes collègues, de Shamash, de profanation
    du Temple, de Sanctuaire, ils comprendront quoi ? ils se paieront ma fiole… SAPIN !
  9. La mosaïque des peuples, le choc enthousiaste des cultures, le brassage ethnique comme valeur universelle d’une République qui veille sur nous, je te laisse tes guirlandes et tu tolères mes bougies, mais chacun chez soi, unité de valeurs mais mixité interdite, courage, foi, PAS SAPIN !
  10. Justement : mosaïque des peuples, brassage, amalgame, unité, mixité des traditions, sans peur ni tabou, l’Histoire de France, Moi et Toi, SAPIN !
  11. Pas peur non plus : moi aussi j’ai mes branches (de hanoukia), elles me portent et me transportent, me tiennent et me retiennent, m’allument tant elles brillent, dansent dans les yeux de mes enfants, j’y vois mes parents, mes ancêtres défunts, tout un peuple qui défile comme une histoire qui s’étire, PAS SAPIN ! Ouf ! Le débat est éternel, la réponse n’existe pas, seule la question demeure et on lui est soumis. Sapin, pas sapin, qu’importe le décor s’il vous est nécessaire, si la flamme brille en vous, à l’abri d’un sapin ou accrochée à un chandelier, c’est la lueur qui compte.