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L’actualité dépasse la réflexion.

Le conseil d’administration et l’équipe rabbinique de Keren Or s’indigne contre la montée de l’antisémitisme.

Dix jours après une soirée à Keren Or consacrée à la question de l’antisémitisme, les mises en garde sur les signes avant-coureurs d’un délabrement du vivre ensemble tant clamé par la devise de la République Française, l’actualité montre l’urgence de ces préoccupations.

En quelques jours à Paris, la vitrine d’un point de vente Bagelstein a été taguée d’un ‘Juden’ en jaune, un arbre planté à la mémoire d’Ilan Halimi a été arraché, des graffitis de croix gammées ont recouvert des portraits du visage de Simone Veil.

Et les statistiques officielles sont venues confirmer ce ressenti diffus : les actes antisémites ont augmenté de 74% en 2018.

Devant les constats devenus quotidiens de graffiti, slogans et destructions calqués sur les pires exemples d’un passé qu’on espérait, qu’on croyait rejetés par les français, nous sommes les témoins de comportements effroyables.

De nombreuses voix s’élèvent, notamment la voix de Rabbi Delphine Horvilleur que nous avons écoutée à KEREN OR il y a si peu, nous rappellent que ce qui se profile derrière les actes et paroles antisémites vise en premier les juifs, mais s’étend ensuite à toute la société.

Rappelons-nous le texte du Pasteur Martin Niemöller, écrit à Dachau :

Lorsqu’ils sont venus chercher les communistes
Je me suis tu, je n’étais pas communiste.
Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes
Je me suis tu, je n’étais pas syndicaliste.
Lorsqu’ils sont venus chercher les sociaux-démocrates
Je me suis tu, je n’étais pas social-démocrate.
Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs
Je me suis tu, je n’étais pas juif.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.

Nous sommes indignés et choqués mais aussi déterminés à faire bloc contre ces attaques, ce déchaînement destructeur des valeurs de la République. Nous appelons nos concitoyens, nos voisins, à ouvrir leurs yeux, à ouvrir leurs oreilles et puis à prendre position pour refuser ces dérives, dans le souci de la préservation de nous tous. Nous sommes confiants dans les responsables politiques français qui nous témoignent de leur soutien, mais ils ont aussi besoin de l’expression des silencieux de la nation pour faire face à cette gangrène.